Deux visions, deux destins pour notre ville.
Face aux prochaines élections municipales, le débat sur la sécurité est ouvert. Mais entre les slogans simplistes et les solutions de fond, l’efficacité pourrait être radicalement différente.
Je vous propose un petit comparatif sommaire entre la démagogie du RN et l’engagement du Printemps Marseillais :
La vision du RN : Le mirage du « Tout-Répressif » et du court terme, sans efficacité.
Une police municipale surarmée mais impuissante car promettre des effectifs massifs sans les pouvoirs d’enquête (qui relèvent de l’État) est un leurre. On déplace le problème, on ne démantèle aucun réseau.
Miser son action uniquement sur la vidéosurveillance à outrance et les équipements lourds coûteraient aux marseillais des millions d’euros en installation et maintenance pour un effet limité sur le narcotrafic. Pour le prix de quelques caméras et de leur entretien annuel, la Ville pourrait financer des dizaines d’éducateurs de rue ou faire pression sur l’État pour obtenir des renforts nationaux en proposant des contreparties logistiques via le Contrats de Sécurité Intégrée (CSI).
C’est la fracture sociale comme méthode avec une politique qui stigmatise certains quartiers au lieu de les réintégrer dans la République.
Couper les aides aux associations précariseraient les populations et génèreraient un climat de tension dans les quartiers populaires. Vider les centres sociaux pour remplir les rues, finira par transformer une crise sociale en une crise de l’insécurité urbaine visible par tous.
La vision du Printemps Marseillais :
La République partout et l’action sociale comme bouclier car l’insécurité recule là où la République revient. Une jeunesse émancipée avec l’accès à la connaissance et à la culture, peut trouver sa voie, au delà de la délinquance.
Rénover les écoles et garantir des services publics accessibles, c’est tarir le recrutement des réseaux à la source.
Maintenir la médiation et la prévention spécialisée, c’est occuper le terrain 24h/24 par l’humain, pas seulement par le passage ponctuel d’un gyrophare.
Soutenir les associations et les éducateurs n’est pas une « dépense », c’est un investissement durable pour la tranquillité de tous les quartiers, sans exception.
L’exemple, dans le troisième arrondissement, de l’apaisement du bas de la rue Loubon démontre que la réponse sécuritaire doit s’accompagner d’une reconquête territoriale en substituant l’emprise des réseaux par une présence publique et citoyenne permanente. Dans cette zone, la nouvelle école, le parc public attenant, le chantier de la future médiathèque et le poste de police municipale ont déjà apporté un climat beaucoup plus serein.
L’enjeu est clair : Choisir entre une politique du « coup d’éclat » coûteuse, inefficace et qui divise, ou une stratégie de fond, plus longue certes, qui traite les causes de la violence par la solidarité et la présence humaine. Marseille mérite un travail sur le long terme pour que les enfants grandissent, s’émancipent et deviennent adultes dans une ville apaisée.